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 I'm singing my blues.

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Ancolie Edelweiss
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MessageSujet: I'm singing my blues.   Mar 5 Juin - 18:59

dead

- Ancolie, dépêche-toi !
Tu ne savais pas.
- Ancolie, c'est quoi là-bas ?
Tu ne pouvais pas savoir.
- Dis, ils sont beaux hein ?!
Rien n'aurait dû t'arriver.
- Regarde celui-là !
Tu n'étais qu'une enfant.
- Vite on doit aller voir Poly !
Ce n'était pas ta faute.
- Amy !
Tu ne savais pas, tu ne pouvais pas savoir, rien n'aurait dû, tu n'était qu'une enfant, ce n'était tu ne pouvais rien n'aurait dû t'arriver
- Ancolie, Ancolie !


Mes paupières s'ouvrent brutalement, dans un souffle rauque. Je suis allongée sur le dos, les cheveux ébouriffés, mon corps entremêlé dans les draps blancs. Mes yeux écarquillés fixaient le plafond. Haletante je suis tétanisée. Ce n'était... qu'un rêve. Le dortoir était calme, sans bruit. Je tourne la tête sur le côté, Raphael dort paisiblement. Je m'assoie avec précaution, ils dorment tous.L'heure, je n'en sais rien, quelque rayon de soleil !s'infiltrent timidement à travers les volets de bois. Je me lève, silencieuse, me dirige vers la salle de bain. Mon visage croise vivement le miroir. En me concentrant finalement sur mon reflet, j'ai un sourire auto-dérisoire. Mes mèches en bataille dessinent une large crinière. Mes yeux sont rouges, mes joues bouffies. Un goût amer me parcours la bouche. J'entreprends une minutieuse toilette. Après m'être habillée je sors du dortoir en prenant soin de refermer délicatement la porte derrière-moi.

Je traverse l'établissement en direction de l'écurie. Les couloirs sont déserts, le silence règne en maître. Je profite de cette courte pause pour repenser à mon rêve. Plutôt qu'un cauchemar, c'était un flash-back. Retour en arrière me rappelant ma vie d'il y a un an. Je revois Amy, son rire doux, ses yeux vifs, son visage d'ange. Je ressens sa joie de vivre, je retouche ses joues fraîches, ses petites mains, ses cheveux lisses. Je la rejoins enfin. Je revois le jour de notre ballade. Le jour où une erreur de compréhension donne le nom à son nouvel ami, Poly. Pony-Poly, en anglais la relation est proche. Il est finement musclé, sa robe baie lui donnait belle allure. Il a tout pour plaire à la petite, tout pour m'agacer. Poly est fier avec un fort caractère, mais il chérie Amy plus que tout. Cette petite boule de vie, il l'aime du même amour que moi. Malgré nos différents, nous ne nous acceptons qu'en présence de la fillette. Derrière, tous les coups sont permis. Oui, je me bats avec un poney, il est vicieux. Le seul lien qui nous unit est la passion que nous avons pour Amy. Passion matériel brisée lors de l'accident, lors de sa mort, mais passion spirituel resserrant ce lien bien fragile. Comme une promesse, nous restons ensemble. Les moments que nous partageons, aucun de nous ne les apprécie, mais la seule pensée d'Amy nous aide à les supporter. Haine passionnée. Pour rien au monde je ne le laisserai partir, pour rien au monde il ne me quittera. Triste vérité n'est-ce pas ?

Je sors du pensionnat. L'air frais gifle agréablement ma peau. Je respire à plein poumon cette brise qui m'est offerte. Continue mon chemin vers les boxs. A l'intérieur, de grands chevaux sont alignés dans leurs enclos. Je n'aime pas ces animaux, trop grands, trop imposants. La taille de Poly me va à ravir. Ma frêle stature me permet de le monter sans soucis matériels. J'aperçois son encolure dépasser de son box, le rejoins d'un pas rapide. Une fois postée devant lui, je lui pose fermement une main antre les deux oreilles, vielle coutume amicale.

- Ça va l'ami ?

Ces yeux ronds me fixent, neutres. Je souris.

- Allez viens, je t'emmène faire un tour.

Je l'amène dehors, l'accroche au piquet pour le préparer avec soin. En ce temps il est plus agréable de goûter un maximum à l'air frais. Je le brosse, m'occupe de ses sabots, le sangle, tout cela rapidement, j'aimerais que l'on ne s'éternise pas trop ici. L'envie d'évasion est trop présente. Je regarde Poly, hoche la tête en lui désignant la sortie. Je le détache, le monte pour me diriger vers la clairière. En cette heure là, tout est calme. Le bruit des oiseaux se mélange aux bruissements des feuilles. Le souffle de Poly rythme doucement cette atmosphère, accompagné par le claquement de ses sabots. Je respire un grand coup, me penche à son oreille.

- On est bien ici hein ?

Il secoue la tête, agacé. Oui je sais, tu détestes que je te parle, pour quelque raison que ce soit ! Mais ici, tu devrais te détendre un peu ! Je tire sur les rennes gauche, le fait pivoter, en angle droit. Si l'on faisait un petit galop. Je m'apprête à comprimer mes cuisses, donner l'ordre du départ. Je tourne la tête, sens une présence. Mon regard tombe sur une silhouette masculine. Qui es-tu ? Caché par l'ombre des feuilles, je ne te distingue pas. Je remarque juste tes longs cheveux noués en tresse. Personne n'en a de pareil.

- Toi aussi la nuit t'a délaissé un peu trop tôt ?!

Je reste figé sur Poly, le dos droit. Lui, après une courte considération, te délaisse pour se rapporter à l'herbe verte fleurissant sous ses pieds. J'attends une réaction. Mes lèvres dessinent un grand sourire, mon visage s'éclaircit comme à chaque contact humain. La journée commencera donc plus tôt ! Tu ne bouges pas, reste voiler par le feuillage. As-tu un cheval en ta compagnie ? Depuis combien de temps es-tu ici ? Ma tête fis un mouvement latéralement vertical, en guise d'invitation.

- Tu comptes rester cacher ? Autant passer ce moment à deux tu ne crois pas ? Allez viens, je vais pas te manger quand-même !

Ce n'est pas à moi de dire ça. Ici la loi du plus fort, tu la respectes avec hauteur.


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Denshell Whipper
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MessageSujet: Re: I'm singing my blues.   Mer 6 Juin - 15:50

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Un pas. Deux pas. Trois pas. Quatre pas fouettant la poussière. Celle-ci se soulève à chaque pied posé. Elle forme ainsi un nuage de lumière qui recouvre lentement mes sandales cuivrées. On croirait apercevoir un aigle posé sur ma lanière gauche. Soudain, il ouvre ses ailes et vole jusqu’à mon pouce droit créant des cercles parfaitement circulaires dans les grains de sable. Il se pose, me regarde et ferme les yeux.Je l’imite, fier de moi mais aussi de lui et de son grand voyage qui vient d’accomplir. J’imagine sa peur à l’idée de voler, de sombrer en pleine action. Tous ses doutes qui devaient l’assaillir. Pourtant, mon aigle a réussi, il est puissant et imposant. Il nous oblige à le regarder, à s’inquiéter pour lui. Il prend ainsi notre force et notre espoir. Il s’en nourrit et s’en repaît et ne le lâche plus. Nous, les braves donateurs que nous sommes, ne le voyons plus revenir, notre espoir, notre cher espoir, notre sale espoir*. L’oiseau s’étant ainsi rempli efficacement la panse, entrouvre ses ailes, fais rougir ses plumes et entame son envol avec une puissance dévastatrice. C’est ainsi qu’il nous remercie de notre générosité, l’aigle, par action. Et nous, pauvres malheureux, nous ne nous rendons compte de rien, nous sommes fiers et peut importe le reste. L’aigle pourrait nous voler quelque chose de plus important que l’espoir, bien que l’espoir est une des choses les plus importantes dans ce monde sans queue ni tête. Nous aurions tout de même fermés les yeux. Car l’humain normal ne sait que se soumettre sous la volonté de fer de l’oiseau. L’aigle est intelligent et agile. Il est redoutable et effrayant pour plus petit, mais aussi plus gros que lui. L’aigle est le roi, et cela, tout le monde le sait.

Sauf moi.

Moi, je le considère comme un valet. C’est un suppôt de mon empire. C’est moi le Roi, et je suis le seul. Roi du monde. Roi des cow-boys, oui, vous ne le savez pas encore, mais je le suis ! Mais aussi, malheureusement, Roi de cette crique de malappris qui m’a obligé à user de ma violence passionnelle. Je les ai satisfaits. Ils sont à moitié morts. Non mais, me chercher le matin, ils s’attendaient à quoi ? Rien qu’en pensant à eux, mes muscles commencent à se tendre. Je ne dois plus penser à eux.

Je suis l‘aigle, j’ouvre les yeux.

Quelques touffes d’herbes se chamaillent sur mon chemin. Je les sépare d’un coup de pied radical. Je jette mon regard au loin, découvrant ainsi mon objectif. Les écuries. Et plus précisément, les boxs. Je vais enfin pouvoir respirer l’odeur de leur sueur, de leurs crinières, de leurs robes. Je vais enfin pouvoir me souvenir de Brume. Je n’aurais pas à pleurer. Je n’aurais pas à crier. Je n’aurais plus qu’à écouter leurs souffles s’entremêlant au mien. J’ouvrirais mon esprit, pour que Brume puisse y pénétrer. Nous partagerons à nouveau ces moments disparus qui me manqueront éternellement. Entourés d’une horde massive, nous dévierons les obstacles, imposerons le respect aux buffles et survivrons à la vitesse violente. Là, comme en haut du monde. Comme en haut de tous. Au sommet.
Brume. Tu ne fais que creuser l’espace entre nous, t’éloignant de jour en jour vers un nouveau monde. Pourquoi n’y ais-je pas pensé ? Pourquoi n’ais-je pas pensé à t’emmener ici, avec moi ? Si tu savais comme je le regrette. Je suis vraiment si peu réfléchi. Mais tu le comprenais n’est-ce pas ? Je n’oublierais jamais ton dernier hennissement lorsque je t’ai lâché. Brume.

Vite, je veux te rejoindre. Je me précipite vers mon lieu d’échappatoire. Ma porte de paix. Tu l’as découvert toi aussi, n’est-ce pas ? Ta porte de paix. Maintenant, tu dors entre trois cactus et un vautour. Sens-tu le vent salé te chatouiller les narines ? Je prie pour toi tous les soirs. Ne pense pas que je t’ai abandonné, je t’en prie, tu es trop intelligent pour ça, je te connais. Je te connais.

L’arbre vers lequel je me dirige est le plus près des boxs. Il a un tronc massif et de larges feuilles. Si jamais je m’assoie près de lui, je ne sais si j’arriverais à me relever. Tant pis pour moi. J’approche mes mains de son bois tendre. Je croirais entendre la sève couler dans son buste. Il a l’air gentil et vif. Parfait pour me cacher des regards inconvénients. Je me dépose ainsi en douceur contre son torse. Le sable sous moi roule et me trempe de rosée. Tant pis.

Je ferme les yeux. Je les entrouvre deux temps plus tard, troublé par des pas légers sur le sol mouillé. Le sang commence à s’agiter dans mes veines, gêné par cette présence inconvéniente. Elle s’approche d’un petit équin. Elle commence à lui parler. Entendant cette vois enjouée et douce, je devine une jeune fille. Elle ne sait pas que je suis là. Je me retourne pour la regarder plus précisément. Elle est frêle et pâle. De longs cheveux clairs pendent dans son dos. Elle sort le cheval de son box et l’emmène jusqu’à la clairière. Elle n’est pas très attentive et ne me remarque pas. Idiote.
Elle finit, après quelque hésitation, à monter sa petite monture. Ceci étant fait,.
Stop, j’ai fait un pas. De trop. Malheureusement pour moi.
Elle s’est figée. A tournée la tête, m’a vu.
Je ne la regarde pas. Je ne suis pas fou. Elle va me laisser rêver et je pourrais rester seul dans mon coin sans m’énerver. Voilà, ce serait parfait. Manifestement, elle n’en a pas envie.

- Toi aussi la nuit t'a délaissé un peu trop tôt ?!

Je ne lui répondrais pas. Je n’en ai pas envie. Que crois-t-elle ?

- Tu comptes rester cacher ? Autant passer ce moment à deux tu ne crois pas ? Allez viens, je vais pas te manger quand même !


Allons bon, elle me provoque maintenant. Moi, Denshell Whipper, j’aurais peur d’elle ? Non, mais sans rire, je vais lui montrer à qui elle a affaire. Elle va repartir en courant sans rien dire, et j’aurais un nouvel ami en moins. Tant pis. Je suis un fataliste.

-Oserais-tu me manger ? Toi, toute petite que tu es ? J’espère pour toi que tu ne te trompes pas de personne. Je suis Denshell Whipper, le meilleur combattant de l’ombre. Alors calme ton ardeur et dis moi ce qui me vaut l’honneur de ton horripilant dérangement ?



* Petite allusion à Anouilh ! Je l'aime, lui !
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Ancolie Edelweiss
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MessageSujet: Re: I'm singing my blues.   Mer 6 Juin - 18:50

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Je sens le souffle de Poly, rauque, profond. Je sens sa mâchoire claquer à chaque paquet d'herbe arraché. Cette sensation habituelle, j'en passe outre, je préfère me concentrer sur ta petite personne, bien prétentieuse d'après moi. Ne crois-tu pas que je t'ai reconnu, Denshell Whipper ? Ne crois-tu pas qu'une chef digne de ce nom se doit de connaître chaque membre du pensionnat ? Tu es bien naïf Denshell. Un combattant de l'ombre, la belle affaire. J'en ai déjà vu des comme ça. Sache que ta force n'a rien d'imposant si ton intellectuel ne suis pas. Mais tu n'es pas encore prêt à l'assimiler, n'est-ce pas ? Je préfère donc me taire et me contente de hocher la tête sur le côté, le visage décoré d'un large sourire. Moi, « toute petite que je suis », je préfère l'humour à la haine, tu devras faire avec. J'en ai déjà entendues des remarques dans le genre, crois-moi. Je ne sors pas de la dernière guerre quand-même. Elles m'amusent, je supporte facilement mon physique tu sais, alors pourquoi m'en complexer. Mes pensées à ton égard ne sont ni hautaines ni malveillantes. Au contraire je me réjouis de ces paroles. J'aime ce ton cassant, le défi y reste constant. Un défi est un jeu, j'aime jouer comme tout bambin qui se respecte. Crois-tu que je vais avaler ma fierté ? Vais-je regretter de m'être réveiller trop tôt, d'avoir croisé ton chemin, mon indélicatesse de t'avoir aborder aussi promptement ? Non, mon cher Whipper, je ne m'écrase jamais. Quitte à en subir les conséquences, je serais toujours d'humeur chaleureuse, avec n'importe quelle bête. La preuve je chevauche mon meilleur ennemi. Entre nous, cette humeur joyeuse et extravagante n'est pas contrôlée. Cette attitude se nomme aussi immaturité. Et tu dois bien savoir que l'on ne peut triompher sur la bêtise.

Tout en ouvrant la bouche pour te répondre, j'aimerais te prévenir, une menace trop chargée n'effraie en aucun point. Les mots sont des choses bien précieuses, je t'en prie, ne les gâches pas dans de pareilles sottises. Les mots simples sont assimilés à la brutalité, ne l'oublie pas. Mais là encore, te citer la vérité serait brusquer ta petite personne si sûre d'elle. Ce n'est pas en te charriant de la sorte que j'arriverais à te charmer. Je préfère le naturel au philosophique, moi aussi. Je jouerais donc avec des phrases simples, si ce langage te convient.

- Un brute au beau langage, serais-ce un honneur que tu me fais là ?

Je n'allais tout de même pas omettre cette touche d'ironie. Petit coup de pouce pour montrer ton erreur. Le relèveras-tu ? La vie en démocratie est un jeu dur Denshell, où tu peux facilement y perdre des plumes. J'ai beaucoup de choses à t'apprendre, mais encore faudrait-il que tu l'acceptes. Tu sais l'heure qu'il est ? Aux alentours de six heures et demi je dirais. Ma sortie improvisée ne vise pas à entraîner mon potentiel d'agacement. Je ne te prends pas de haut. Bien au contraire, ma principale qualité en tant que gamine est d'oublier le sens du dérisoire adjectif « sérieux ». Énervant non ? Il faudra t'y faire. Il n'est pas né le dernier qui plombera mon humeur, où alors sa mère me le cache depuis bien longtemps. En parlant d'humeur, j'ai l'air de t'indisposer. Allons bon, encore un qui aime la vie. Moi, je la chéris plus que tout, m'efforce de la partager, en particulier à mon groupe. Je ne suis pas la chef des White Flats pour rien bonhomme. Laisse-moi te souffler quelque mot doux. Tu n'as pas bougé, tant pis, j'entreprends. Je te quitte un instant du regard, descends agilement de mon poney. Je lui desserre la selle, lui enlève ses mords avant de lui glisser une attache autour du coup. Je m'approche de son oreille, lui glisse complice.

- Allez bonhomme, je te laisse pour un moment.

Il souffle, fort. Pars au pas vers un coin de verdure. Je me concentre sur le bel égocentrique que tu es. Ma gorge se déploie, je laisse échapper un rire profondément cristallin. Tu t'en vas, les mains dans les poches. Je t'exaspère donc autant. Je vois ton dos disparaître entre les feuillages. Je souffle, affiche un sourire moqueur, provocateur.

- Un Rifle Bullet n'est-ce pas ? Je ne savais pas que vous fuyiez pour si peu !

Mettre ta fierté en jeu est un moyen indiscutable pour te faire rester. Je t'embête peut-être, mais moi, je m'amuse. J'ai envie de te parler, j'ai envie que tu me parles. Des choses les plus bêtes même si notre dialogue ne sera que prise de tête. Il me reste une demi-heure avant de retourner au pensionnat pour réveiller les White Flats avec mon boucan journalier. Aide-moi à tuer le temps, je t'en prie. Je m'avance, dans un déhanché naturel, traduisant une certaine prétention enfantine. Je suis une petite rappelle-toi. Arrivée au milieu de la clairière, sous le soleil délicatement chaud, je m'assoie sur l'herbe fraîche dans un saut. En tailleur bien évidemment, position bien confortable d'après moi. Ma main tapote la verdure près de moi, ma tête refait un geste d'invitation. L'accepteras-tu cette fois ?

- Allez viens, je te taquine ! Dans une si belle matinée ne faisons pas de mauvais esprits ! J'ajoute en riant doucement. Jette-toi dans la gueule du loup, sans remords, comme un homme !

Nouvelle raillerie, nouveau défi. Tu ne vas pas tout de même pas y faillir. Je suis têtue, cette discussion, j'y tiens. Ton refus relèverai mon hystérie. Mais quelle hystérie ? Le diable à bien des facettes Denshell, encore une chose que tu devrais savoir.



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Denshell Whipper
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MessageSujet: Re: I'm singing my blues.   Lun 11 Juin - 16:43

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Elle me répond. Elle me défie. Oui, c’est ce que veut me prouver son regard. Je parie qu’elle ne pense qu’à ça, seulement à ça. Je lui ai parlé, elle m’a écouté. Elle est tombée dans mon piège. Dommage pour elle. Elle est prise dans ma toile. Engluée dans le désespoir. Elle ne sait plus le pourquoi du comment et le reste lui semble insoupçonnable. Mais où est passé le chemin de sortie ? La petite lumière dans le noir n’existe plus. Elle est emportée dans un tourbillon sombre et violent. Le ventre se tord et s’étire. L’intestin grêle s’élance pour un premier saut vers l’inconnu qui se terminera dans les chiottes et l’autre, le colon, lui, il cherche à échapper lamentablement à son attirance pour le grêle qui risque de ne plus le lâcher à part s’il meurt. Les fourmis parcourent son corps et les poules qui en ont marre de la chair se pointent. Ces couples étonnants se retrouvent et dansent la java ensemble défiant ainsi la force de la nature. Celle-ci, n’en pouvant plus de cette danse indentifiable, cherche à arrêter ce massacre croissant. Cependant lorsqu’elle arrive sur les lieux, ton corps a déjà essayé de se battre. Il est en mauvais état. En très mauvais état. Mais les poules et les fourmis ne peuvent cesser leur java incontrôlable. Leurs pas se frôlent, se démêlent, se rencontrent puis se disent au revoir ou même adieu pour certain mais finalement restent. Cela faisait si longtemps qu’ils ne s’étaient pas vus ! « Le corps ne tient plus, tant pis, profitons de l’instant présent ! » Voilà ce qu’ils disent. Et la nature ne peut l’empêcher. Elle repart ainsi dépitée par ce désastre en pensant qu’elle n’aurait peut-être pas dû venir. Et toi, que j’ai décidé de tutoyer car tu as un beau regard, tu es là, plantée à côté de ton cheval. Tes grands yeux s’écartent puis se rapprochent. Tes mains tremblent, tu as envie de t’enfuir en courant. Mais tu ne le peux, alors tu restes plantée là, à côté de ton cheval, inconscient de tes sentiments. Il broute. Brume a toujours senti mon désespoir. Mes crises, il les a vécues. Il venait alors vers moi et me réchauffait les mains. Glacées par tant de souffrance. Oui, il était si proche de moi que je pouvais le sentir, même dans « l’autre » monde. Alors je n’avais plus qu’à prendre mon courage à deux mains réchauffées et m’extirper de ce malheur. Grâce à lui, je vis toujours. Mais moi, je l’ai abandonné. Je l’ai abandonné. Pourquoi es-tu venu troubler mes souvenirs ? Pourquoi es-tu venu gâcher ce moment ? Tu n’avais pas le droit ! Je t’aurais tué pour moins, mais tu as un beau regard, alors je vais te laisser sombrer. Et puis, je n’ai pas le temps, maintenant, pour jouer avec toi. On se retrouve dans trois jours ?

- Un Rifle Bullet n'est-ce pas ? Je ne savais pas que vous fuyiez pour si peu !

Tu as répondu. Tes yeux ont cessé de trembler. Oui, je l’avoue, je ne te croyais pas si forte. Tu dois avoir du caractère pour me parler ainsi. C’est bien. Que veux-tu que je te dise d’autre ? Que je n’ai pas envi, là, maintenant de me disputer ? Que je n’en ai pas la force, à cette heure-ci ? Qu’il pleut si fort, que j’en ai mal aux oreilles ? Oui, jeune demoiselle, je suis glacé mais ce, depuis longtemps. Et en ce moment, j’ai trop froid, malgré cette chaleur matinale agréable. J’ai froid de tout. J’ai froid de toi. Je ne me suis jamais entendu avec les autres alors je reste seul. Vous me faites froid, vous, les gens heureux. Pour cela, je ne vous parle pas, je ne te parle pas.

- Allez viens, je te taquine ! Dans une si belle matinée ne faisons pas de mauvais esprits ! Jette-toi dans la gueule du loup, sans remords, comme un homme !

Tu continues. Tu continues. Tu continues. Les fourmis et les poules t’ont quitté, lassés par ta chaleur trop chaude. Danser donne chaud, mais danser dans un endroit chaud donne encore plus chaud. Alors ils t’ont quitté. Tu es toute seule. Et tu continues. Tu veux donc mourir ? Tu ne me connais pas ? Certes, je ne sais pas non plus qui tu es mais moi, je suis tout de même assez fameux dans le pensionnat. Mes violences pourraient faire évanouir les jeunes filles du shérif. Et toi, tu n’as pas peur. Tu es étonnante. C’est bien.

Je me retourne. Je m’approche de toi. Je ne connais pas ton nom, t’en souviens-tu ? Mais je suppose que si tu me le disais, je m’en souviendrais. Peu de personnes on eu l’audace de se retourner sur mon passage pour tenter la discute. Ils ont toujours été trop effrayé d’une brute mal cachée. Oui, ils me voient comme une brute sanguinaire et assoiffée de sang.

-Et toi, que vois-tu ?

J’ai murmuré. Je me suis laissé aller. Tu m’inspires la confiance jeune fille. Et je déteste ça. Je n’ai jamais aimé la manipulation.

-La gueule du loup ? Je ricane. Tu veux sûrement que je te raconte la belle histoire qui est ma vie. Tu sais, elle est simple. Je suis un fils à papa, né dans le Kansas, trop aimé sûrement. Je les ai donc tués. Ils me tapaient sur les nerfs. Ce fut rapide, sans bavures. Ils n’ont pas souffert tu sais ?

J’espère que tu es contente. Je me suis confié à toi, comme tu le voulais. Cependant, saura tu détecter le faux du vrai ou même découvrir mes mensonges ?

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Ancolie Edelweiss
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MessageSujet: Re: I'm singing my blues.   Mar 12 Juin - 17:45

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J'attends, aurais-tu peur ? Non, je ne crois pas. Trop fort, trop fier, trop prétentieux. Je ne suis qu'une petite feuille face à cet arbre centenaire que tu es. Le temps passe, lentement, la brise matinale fait voler les feuilles, courbe l'herbe. Tu t'approches, enfin, la mine en rien réjouie. Je t'embête tant que ça ? Ta masse se déhanche, souple, sûre. Je reste ébahit devant tant de présence. Présence non oppressante, plutôt protectrice. Tu restes silencieux, pensif même. Je redresse ma colonne, affiche un large sourire. Docile au final. J'attends, toujours assise, que tu arrives devant moi. Mes yeux se lèvent pour ne pas perdre ton visage. Tu t'arrêtes, aussi silencieux. Je penche en arrière, soutenue par mes bras frêles. Ta question, murmurée, m'étonne. M'est-elle destinée ou as-tu pensé à voix haute ? Ce que je vois ? Je hoche la tête, intéressée. Un homme, impressionnant, se tenant debout face à moi, morbide. Mais ce serait te faire trop d'éloge.

- Un garçon planté devant moi qui ne daigne pas m'offrir un sourire.

Cette réponse est honnête, dite d'une voix douce, allègre. Mon sourire gravé, je le demande la réelle visée de ton interrogation. La franchise n'a pas ton amour, la sociabilité t'évite. Je l'avais compris. Mais tu t'es approché, ne penses pas repartir. J'aimerais que tu t'assoies simplement, que ton visage se décore d'un sourire, discret. Que les paroles sortent, seules, sans être mesurées. Denshell, je ne suis pas ici pour une quelconque mission, je ne te parle pas pour une quelconque information. Un dialogue simple, sans tension. Le temps s'écoule trop vite. Ne sais-tu donc pas en profiter ? Pose-toi un instant, oublie cette guerre, oublie qui je suis. Le sais-tu au fait ? Connais-tu mon nom, mon rang ? Ton ignorance me comble, si elle existe. Elle rendra les choses plus simples. Mes pensées sont trop longues, trop lentes. Tu enchaînes une réplique, me brisant tout espoir. Mes yeux se vident, je me plis, me prends la tête aux creux des mains. Mes paumes frottent mes joues, doucement. Je souffle, te considère, grave.

- Pourquoi ne fais-tu pas les choses simplement Den' ? Pourquoi veux-tu m'impressionner ? Ta vie d'avant ne m'inspire aucune crainte. Les gens changent Denshell, tu n'échappes pas aux banalités. Je suis désolée, mais je te jugerai sur l'instant présent, pas sur ton passé, qu'il soit sombre où miraculeux.

Je pose un temps, soupir de nouveaux. Cette remarque a toutes les chances de t'enflammer. Ce n'est pas voulu. Elle n'est qu'un soupir, la traduction d'une lassitude qui se trouve grande. Je préfère jouer franc-jeu avec toi, Denshell. Il est tôt, trop pour que la bêtise ne gagne la complète partie de mon cerveau. Trop pour sourire d'une exaspération. J'espérais juste un moment de calme.

- Je veux juste parler. Je ne cherche pas à évaluer ta force, ton caractère. Ces stupidités sont bonnes dans le pensionnat. Ici, je te demande juste d'être un homme, n'importe lequel, avec qui une conversation peut s'établir. Je ne veux pas d'un corps vide devant Den', cela n'a aucun intérêt.

Je me caresse les tempes, soupire encore. Si tout cela était médité, si tu ne cherchais qu'à gâcher mon humeur, tu as réussi. Il est trop tôt. Trop tôt pour ne pas réfléchir. Trop tôt ne pas se vexer. Je cueille un brin d'herbe rosé. Je le fais tourner entre mes doigts. Dis-moi petit, dois-tu songer le matin ? Étudier le vent, la course du soleil, mesurer l'humidité, considérer chaque bête passée. Un brin d'herbe, question de facilité. Facilité trop abordable. Je suis humaine, la complexité me couvre chaque parcelle de peau, elle me parcourt comme un souffle. C'est un brouillard dans lequel nous nageons tous. C'est une réalité, j'aime le rationnel. Rationnel parfois inexplicable. Rationnel sous toutes ses formes. Je ne veux pas te laisser partir, simple question difficulté.

- La peur, tu veux me la faire ressentir n'est-ce pas ? Comme à ces inconnus. Je te connais Den', et peu importe s'il en va de même pour toi. Si tu le souhaites, j'oublierai ton nom. S'il n'est que question d'honneur, la nomination efface tout. Den', assied-toi, ne mens pas, ne cris pas, soit juste un homme, des plus banals. Laisse l'extravagance de côté.

Le brin d'herbe m'échappe, mes doigts s'entrelacent. Je te porte un regard plein d'attention. Mon sourire reviens, plus éclairé, plus franc. Franchir ce cap était donc nécessaire.


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Dernière édition par Ancolie Edelweiss le Sam 30 Juin - 13:36, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: I'm singing my blues.   Lun 25 Juin - 12:36

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Tu restes calme. Aussi calme que le cactus stoïque. Mais pour te différencier de lui, tu bouges, tu respires. Tes sourcils se froncent après mes paroles. Tes paumes se lèvent pour réchauffer tes joues glacées. Tu soupires. Tu supportes mon tempérament avec une détermination sans failles. Tu veux que je te remplisses de mes bons sentiments ? Mais ne vois-tu pas le plus important ? Tu es le ruisseau en hiver, je suis le lit asséché en été. Je suis aussi vide qu'une coquille désertée par son propriétaire. Oui, c'est cela, j'ai été désertée. Et plus personne ne veut de moi. Mais toi, malgré mes réponses amères, mon front immobile, tu te contient.

Tu restes calme.

Je n'ai jamais eu peur de l'inconnu. J'ai entamé la traversée d'un océan alors que je n'avais que peu d'années d'expérience derrière moi.J'ai vécu seul pendant plus de trois ans, avec pour unique compagnon, un cheval. J'ai tenu tête à quelques bandits coriaces des grands chemins. J’ai tué des gens. J’ai souffert autant que je pouvais souffrir. J’ai haï des parents si gentils qu’ils ne le méritaient pas. J’ai vécu avec 46 tonnes de plombs au-dessus de ma boîte crânienne. Je n’ai pas peur de toi. Je n’ai plus peur de personne à part de moi-même. Je n’ai pas peur de toi, tu entends ? J’ai développé un sens en trop. Un vieil indien l’appelait la paranoïa. Ce n’est pas agréable. C’est pour cela que je le surnomme « sens en trop ». C’est avec ma force surprenante que j’arrive à me persuader que je ne crains personne. Cependant, j’ai envie de prendre mes jambes à mon coup à chaque coin de rue, à chaque ombre nouvelle. Mes mains tremblent dans le noir et le manque de Brume me procure des cauchemars toutes les nuits. Ses galops incessants ne veulent quitter mon esprit tourmenté.

Mais toi, tu restes calme.

Tu n’as pas l’air agité. Tu sembles en paix et tu me fournis ainsi une oasis. J’aimerais te toucher, m’approcher de toi au plus près pour que cette sérénité s’imprègne au plus profond de moi. Pour que cette sérénité ne me lâche plus. Elle s’avancerait vers mon cœur et l’étreindrait avec force et puissance pour ne plus le laisser pleurer. Elle s’agrandirait pour pouvoir s’approcher de mes muscles et les laisser se reposer. Oui, ce serait le bonheur.

Tu parles.

Tu parles trop.Tes paroles s’imposent en moi. Elles me marquent au fer rouge, me suppliant de ne pas te laisser seule. Tu sembles si fragile. Pourtant tu ne dis que des choses sensées. Où as-tu découvert ce pouvoir ? Depuis quand frappe-t-il autant ? Depuis quand me frappe-t-il autant ? Oui, j’aimerais l’avouer. J’ai peur de toi, là, maintenant. J’ai peur de me laisser aller. J’ai peur de me perdre, d’oublier nos différences. Oui, car c’est exactement ce que tu me demandes, oublier nos différences. Je ne sais si j’en suis capable, ou si j’en ai envie. Mais je suis fort, je suis le roi. Et cela, il ne faut pas que je l’oublies. Je déteste les gens qui essayent de me manipuler, je déteste les abricots pas mûrs et avoir une poussière dans l’œil. Je ne déteste rien d’autre, je n’ai pas à détester autre chose car je suis le plus fort, je suis le roi. Et cela, je me dois de me le rappeler. Cependant, j’ai moi aussi, une petite envie de profiter de cet endroit avec toi, alors une petite discussion ne me ferait pas de mal. Qu’en penses-tu ? De plus, je pourrais sûrement apprendre de toi et en référer au malade mental qui nous sert de chef… Pourquoi pas ? Allons-y, profitons !

« -Tu sais, personne de m’avait jamais traité de banal. Tu es la première. Innovant n’est-il pas ? »

Je m’assieds sur l’herbe courte. Je ferme les yeux, réfléchis à ma position et finalement me couche. Quoi de mieux pour enlever tout soupçon que se rendre invulnérable ? Je garde les yeux fermés. J’ai envie de me laisser aller. J’ai envie de me remplir de son calme. Progressivement, sans animosité. J’ai envi qu’elle s’approche de moi pour ne plus me quitter. Je ne saurais décrire cette sensation, mais j’ai besoin de quelqu’un pour m’écouter débiter des inepties sans queux ni têtes.

« -Que veux-tu que je te dises ? A moins que tu ne veuilles commencer ? »



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MessageSujet: Re: I'm singing my blues.   Sam 30 Juin - 14:57

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Le brin d'herbe c'était perdu entre ses congénères. Même couleur, même forme, même odeur surement. J'aurais pu tirer son semblable. Cela n'aurait rien changé. Mais maintenant que lui avait été désigné, je n'en voulais d'autre. Mais comment retrouver une chose si minime dans un monde si commun. Je cherche sa probable différence, j'étudie le brun d'herbe dans sa banalité. Un détail me saute aux yeux, tous poussent verticalement, le mien aurait dû tomber à l'horizontale. Tout en attendant une réponse, une approbation de ta part, j'épie le sol. Me concentre sur chaque parcelle de verdure présente devant mes jambes croisées. Je n'ose aucun mouvement, ne veux pas minimiser mes chances de le retrouver. Pathétique n'est-ce pas ? Non je dirai attachant. Comme une gamine je poursuis la perle rare, celle qui terminera mon collier, même si je n'ai rien commencé. Mon brin d'herbe aurait seulement suffis à amuser mes doigts dans les moments d'attente, comme celui-ci. Il est toujours plus facile de patienter en se trouvant une activité. Tout le monde en fait l'expérience, rester assit s'en rien faire et la pire des sentences. Alors je cherche, sans relâche, t'oubliant presque. D'habitude l'agacement m'aurait gagné, mais à cet instant, je ne sais si la cause en est le soleil, le trop plein d'air frais ou simplement ta présence, une sérénité immense accompagne ma concentration. J'avais fini de sourire, mes lèvres s'étaient détendues, mes yeux s'étaient couverts d'une lueur sombre. Je voulais le retrouver. Sauf que tu ne m'en laissas pas le temps. Oui, Denshell, la prétention amène à l'excentricité et nous éloigne de la banalité. Tu ne t'étais jamais posé la question. Heureuse que tu le prennes ainsi, j'aime innover tu sais.

- Un grand homme n'a qu'un souci : devenir le plus humain possible, disons mieux : devenir banal.*

Je dis ces paroles avec un discret sourire. Un peu de réflexion ne fait jamais de mal. Surtout que cette phrase à tout son sens dans cette discussion. Denshell, l'humilité et la sagesse feront de toi un homme plus commun, mais toujours plus intéressant. La banalité est souvent associée à la platitude. Pourtant, ce duo est bien mauvais. La banalité relève de la simplicité. La vie est elle-même banale, pourquoi vouloir faillir à une entité si puissante ? Bref, je dis cela, je le pense sans te regarder. Mon attention ne t'est offerte qu'au mouvement du sol. Mouvement que tu crées en t'assoyant. Je relève doucement mon visage entouré de quelques mèches tombantes. Je souris plus fortement, finalement on y arrive. Un peu de hauteur inhabituelle, un rêve peut être un peu trop présent. Je considère de nouveau l'étendue verte, toujours aucun signe de mon compagnon. Le vent a dû le porter légèrement, l'amener quelque centimètre plus loin. Plus de compagnon de jeu désormais. En parlant de compagnon, je repense à Poly. Dans le genre fourbe on ne trouve pas mieux. On m'a appris il y a quelque temps que le Poney était plus vicieux que son cousin le cheval. Comme un chat indépendant. Cela ne m'arrange pas tellement à vrai dire, même si cela se révèle plus que véritable sur le spécimen que je monte. Toujours tête baissée, j'attends un bruit, un hennissement pouvant m'avertir de sa continuelle présence. Seul tes mots me reviennent en écho. Dis-moi tout si cela est possible. Du véritable au plus absurde, je suis au détail près ce matin. Soif de savoir incontrôlable. Commençons par l'irréel.

- Rêves-tu parfois ? Un rêve permanent, qui te revient chaque nuit. Est-il heureux ce rêve, où bien effroyablement triste ? Peut-être dors-tu sans rêve, juste bercé par tes draps. Peut-être tes rêves sont-ils aléatoires, toujours différents.

Cette question pourrait paraître philosophique, bien pour lancer une déprime, mais je fais attention de la relever d'un large sourire, mes iris dans les tiens, pour qu'elle soit des plus agréables. De plus ma voix sonne habituellement douce et enjouée. Question posée, je tords mon buste pour vérifier la présence de mon acolyte. Il se cache à l'ombre des rayons, mâche tranquillement les milliers de brins d'herbe s'offrant désespérément à lui. Tout va bien, la faim le retient d'une quelconque idée de promenade improvisée. Je te considère donc à nouveau. Regarde tes cheveux nuits, ton visage neige, un peu plus casé.

- En parlant de rêve, crois-tu qu'ils aient une répercussion sur notre comportement ? Je veux dire, penses-tu que nos rêves reflètent notre personnalité ?

Un silence se posa, je ris face au sérieux de ma demande. Un matin sans prise de tête je disais. Cette réflexion est des plus délicate. Mais elle a un but, Denshell, es-tu un rêveur ou une simple brute sans fond. Après tout, ce tempérament est la marque de fabrique des Rifle Bullets. Mes doigts s'emmêlent dans tes cheveux pour les ébouriffés.

- Je te laisse réfléchir.

Je me jette sur le ventre, mon visage à quelque centimètre du tien. Ma tête soutenue par mes bras croisés je te fixe un instant, souriante, avant de rouler sur le dos. Face au soleil, je porte une main au ciel pour protéger mes pupilles éblouies. Un sentiment de calme mélanger d'excitation me parcours le corps, gravant mes lèvres étirées.

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* merci à André Gide pour cette belle citation !


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MessageSujet: Re: I'm singing my blues.   Lun 2 Juil - 15:59

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Parlons. De moi si tu l’envisages ainsi. Je ne te dirais rien tout en te disant tout. Je ne suis pas idiot, tu sais ? Je ne fricote pas avec l'ennemi après trois clins d'oeil et un jeu de jambes. Cela ne me suffit pas. Je suis radin mais toujours à la recherche de mieux. Et en ce moment, c'est ce que je désire. Mieux. Toujours plus haut. Toujours plus loin. Toujours plus fort. Cela est ma raison de poursuivre vois-tu ? Tu ne m'asticotes pas. Tu me cherches. Tu vas finir par me trouver tu sais. Aujourd'hui, je me suis exceptionnellement bien caché. La forêt dans laquelle je me terre est profonde et incertaine. Tu peux y découvrir un monstre assoiffé de sang comme un gentil petit mouton tout mignon qui ne te veut aucun mal. Certes, le monstre assoiffé de sang est toujours plus présent. Mais il suffit de ne pas t'aventurer sur le mauvais chemin. Réfléchis. Réfléchis bien. A gauche ? A droite ? A moins que le bon ne soit au centre ? A toi de choisir chère invitée. A toi de choisir...

-Oui, je rêve. Non, je ne rêve pas. J’ai un vieil ami, indien, se terrant au fin fond d’un grand canyon qui dit que l'on rêve toujours. Que notre rêve est toujours là, près de nous. Qu'il nous accompagne mais que, si on croit que l'on ne rêve pas, ne se manifeste pas. Un autre de ses amis, lui, dit que notre nuit est peuplée de rêves divers et en tous genres. C'est juste que le matin, à notre réveil, l'on ne s'en souvient pas. Mais il a des gens qui sont plus psychologiques. Toujours à la recherche d'eux-mêmes. Eux, arrivent à se souvenir d'à peu près tous leurs rêves. Ceux qui n'y accèdent pas sont jaloux. L'on est toujours jaloux des autres. Mais ils ne savent pas de quoi ils parlent. Se réveiller le matin et se souvenir de ses pires cauchemars, de ses plus beaux rêves. Ils ne savent pas de quoi ils parlent tu sais. Ils s'imaginent le bonheur de pouvoir raconter à leurs proches leurs utopies mais ils oublient toujours les angoisses. Qui ne quittent plus le rêveur assidu que pour recommencer leur travail de débauche. Etre hanté de la sorte, je ne le conseille à personne, pas même à moi.
Un autre ami, indien, qui lui vivait au dessus d'un arbre disait que le rêve n'existe pas. Que ce n'est qu'un tissu de mensonges fomenté par un groupe de vieux anciens incapables de reconnaître le faux du vrai, le vrai du faux. Il disait que le rêve et le cauchemar ne font qu'un. Que ce ne sont que des représentations améliorées ou détériorées de nos âmes. Il disait que la peur et le non-savoir peuvent faire croire beaucoup de choses. Il m'a dit que j'avais le devoir de ne pas les croire. De toujours ne penser qu'à moi et que les autres, ceux qui essayent de me faire croire beaucoup de choses, ne devaient qu'être haï.
Si après mes paroles, tu veux dire quelque chose sur ta pensée, sur mes dires non contenus ou sur mon irresponsabilité, sur tout ce que tu veux, je ne t'écouterais pas. Je fermerais mes oreilles, me lèverais et repartirais. Voilà.


Cela faisait longtemps que je n'avais pas parlé. Bravo jeune demoiselle, tu as accompli un exploit en me posant la bonne question. Tu peux te lever et sauter de joie, rendue par ta performance, tu pourras retourner chercher ce que tu cherchait tout à l'heure. Tu pourras me laisser tranquille. J'ai peur de trop en dire, de défaire notre clan juste avec de belles et simples paroles.

Tu ne fais pas ce que je pensais. Tu continues de me questionner. Veux-tu aussi savoir ce que je pense de toi et de tous les autres ? Veux-tu aussi savoir ma date de naissance et mon numéro de taille ? Ma raison de vivre ? Pour qui te prends-tu ? Tu devrais te sentir joyeuse et repartir. tu as eu ce que tu voulais non ? Mais cela ne te suffis pas. Cela ne te suffis pas. Tu veux aussi que je te donne mon âme. Elle est déjà partie tu sais ?

Tu me prends pour un idiot. Aurais-je besoin de réfléchir pour répondre à une question si simple. Pourquoi les pensionnaires de Whiteriver Town s'obstinent tous à négliger le savoir des Rifle Bullets ? Ah, je sais. Nous vous avons toujours fait croire à notre ignorance la plus profonde. et vous nous avez cru. pauvres imbéciles. Si vous saviez. Nous avons été éduqués nous aussi. Nous avons survécu nous aussi. Pas pour rien. Pas pour vous. Pour nous, et nous en profitons. J'ai une dizaine de livres cachés sous mon lit et deux ou trois cartes de géographie. La plupart des Rifle Bullets savent ce qu'ils disent et tempèrent leurs paroles. Les Rifle Bullets ne disent pas tout ce qu'ils pensent. Pourquoi crois-tu qu'on a toujours eu peur de mon clan ? Pourquoi crois-tu que nous sommes encore là ? Si nous étions tous idiots comme nous voulons bien le faire croire, serions nous encore là ?

-Je t'ai déjà assez parlé, jeune demoiselle. Je t'en ai déjà assez dit. Mais toi, toi, qu'en penses-tu ? Si tu me le disais, peut-être pourrais-je enrichir ma culture personnelle si moindre et vide. Et pourrions-nous ainsi débattre plus facilement, ne crois-tu pas ?

J'attends ta réponse avec impatience. Vite dis-moi tout. J'ai besoin de parler, j'ai besoin d'écouter.



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MessageSujet: Re: I'm singing my blues.   Sam 7 Juil - 7:47

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J'ai écouté ta réponse, en ai bu chaque parole. Mais l'eau m'a traversé les doigts. Je n'ai pu la retenir. L'eau s'est tarie, est devenue brune. Une goutte d'espoir épuisée, disparaissant sur la pierre glacée. Voilà mon imaginaire, en ce moment. Voilà ce que m'inspire tes mots. Trop vides, trop discrets. Tout le monde pourrait croire à une part de savoir dans cet amas de muscles. J'y ai cru moi aussi, un court instant. Voilà pourquoi ma deuxième question fut posée. Mais j'ai réfléchi, trop tard. J'ai pesé, mesuré et jugé tes paroles. Profondes ? Ne te fiche pas de moi. Nous n'avons pas encore inventé le copyright, mais quand même ! Je me fiche de ta réputation, je me fiche de ton humeur si aléatoire, je me fiche de ce que tu es Denshell. Ton prénom, je ne m'en fiche. Ta famille, je m'en fiche. Tes amis, je m'en fiche. Je me fiche d'autant de choses en te voyant. Un entourage, une vie, une renommée, cela ne veut rien dire. Je pensais pouvoir tenir un débat simple. Mais je me rends compte qu'on ne peut pas parler à Denshell, devant nous se tient toujours une image, un hologramme au registre redondant. Un espoir détruit par des paroles bien vides. L'espoir d'un homme différent. L'espoir de minutes calmes.

Mais même remplie d'une affliction immense, je ne veux pas te laisser partir. Je ne suis pas ce genre de fille qui lâche à la première défaite. J'ai un ego bien trop présent pour supporter un quelconque échec. Alors, je m'accroche, que tu le souhaites ou non, que cela t'énerve ou non. Pour l'instant, le plaisir se trouve submergé par une haine profonde. Une haine lasse, accompagné d'un regret sans borne. Le regret de faire face à un mur, un barrage artificiel. Le regret de ne pas pouvoir aller plus loin. Le regret de devoir s'arrêter là. En effet sache-le Denshell, je ne parle pas aux gens qui ne veulent pas entendre. Principe ancien. Horreur humaine, quand on voit nos réalités s'écrouler. Et tu comme tous ces ignorants ? Ose te montrer un peu, laisse ta peur de côté. Car, disons-le entre nous, être introverti vient de nos peurs. Alors, si de nouveau je dois sortir ma morale, je le ferai. Même si ce dialogue doit en être rempli. J'abaisse ma main, laisse l'eau s'échapper. Je serre mon poing, me retourne sur le ventre dans un grand soupir. Soutenue par mon bras, mon visage repose à seulement quelques centimètres du tien. Je plonge mes iris dans les tiens. Je ne souris déjà plus, je reste un moment à te regarder de si près.

- Ce que tu viens de me dire, ces théories toutes plus philosophiques les unes que les autres, aucune ne tient de toi Den'. Tu viens de me répéter ce que bon nombre de sages t'ont appris. Alors, certes, tu as beaucoup parlé, mais je n'ai rien entendu Den', rien venant de toi. Me crois-tu assez bête pour me contenter d'une si piètre réponse. Mes questions, je les posais à toi, si je convoitais leur savoir, je serais allée leur demander, mais là Den', là, en ce moment, dis-moi... Vois-tu un seul de tes amis indiens ? Ils ne sont pas là. Et même si je suis heureuse de te savoir bien entouré et d'apprendre que tu n'es pas un simple mur sans fond, j'aimerais que tu arrêtes de jouer avec moi. Je suis loin de te considérer comme un être vide, fade. Si c'était le cas, je serais déjà partie, mais là Den', que tu le veuilles ou non, je tiens à terminer cette discussion. Pour ta part, va-t-en si l'envie t'en chante, pars silencieux si tu le désires, mais tu ne feras qu'appuyer tes propos. Pourquoi vous, Rifle Bullets, cherchez toujours à paraître idiot et insensible ? Je comprends que tu ne veuilles pas parler en présence des Black Roses, mais là Den', tu n'es pas en terrain ennemi. Arrêtez avec toute cette guerre, ces chamailleries, s'en devient lassant.

C'est bien simple, je n'en peux plus. Pourquoi faut-il toujours ramener les batailles sur le tapis. Être des adolescent normaux, est-ce possible ? Finalement cette « morale » sonnait plus comme un appel au secours. Un appel à ceux qui veulent bien l'entendre. En tant que White Flat, j'obtiens le droit d'être moi-même. Peut importe les conséquences, je gagne le droit de vivre. Contrairement à toi, toi qui te caches devant un voile. Toi qui cherches sans cesse à tromper. Toi qui calcules tes moindre faits et geste. Je pense que cela est trop te demander d'ôter ton masque. Alors, garde-le, il finira bien par tomber.

- Alors, écoute, je vais te répondre. Comme tu le souhaites, je te décrirai mes pensées. Mais il n'y aura rien, rien si tu t'obstines à te cacher derrière les belles paroles de tes vieux amis. N'espère pas un débat si je suis la seule à parler.

Toujours ancrée dans tes pupilles je commence ma réplique.

- Pour moi, le rêve est une chose bien simple. Il reflète des évènements passés, il reflète ce que nous vivons. Mais comme un ange, il les transforme à sa guise. Nos rêves revêtent différentes formes, souvent les mieux appropriées. Dans notre sommeil, nos connaissances, nos souvenirs se rangent et parfois, pour trouver leur place, ils doivent refaire surface. « La nuit porte conseil » les sages indiens ont dû te le souffler. C'est dans notre sommeil que tout reprend forme, que nous pouvons nous lever le matin, les idées claires. Sans rêves, tu ne te souviendrais même plus de ce « tissu de mensonges ». Les songes sont importants, les ignorer est une grave erreur.

Je finis par me perdre dans le brun de tes yeux, dans un puits sans fond.

- Mais parfois, même à leur place, les rêves ne veulent pas disparaître. Nommés cauchemars, ils vous hantent à leur bon vouloir. Sans jamais vous lâcher, ils vous rappellent ces moments douloureux, moments si difficiles à effacer. Comme s'il fallait vivre avec. Comme si oublier ces moments serait une avanie. Et toi, tu ne cherches qu'à passer outre. Chaque matin, tu te persuades qu'ils ne reviendront pas. Tu cherches à leur échapper, mais ils sont toujours là. Derrière toi, ils te crient tout ce que tu ne veux pas entendre. Ils te rappellent tes millions d'erreurs. Ils te hantent, à t'en rendre fou. Mais le jour tu ne montres rien, tu attends de pleurer seul, le soir. Et ceux-ci, je ne sais comment les estomper.

Perdu dans ton regard, je vois Amy. Je la vois fermer ces paupières, disparaître doucement.


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MessageSujet: Re: I'm singing my blues.   Ven 13 Juil - 16:05

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Tu voudrais engranger un débat. Tu voudrais de belles paroles. Sous tes yeux ambre palpite le savoir. Je le vois, je le sens. Je ne suis pas un idiot, j'aimerais te le répéter. je ne fais pas que me cacher sous les paroles des indiens. Mais cela, tu ne l'as pas compris. Malgré la sagesse qui vibre dans ton doux regard, tu ne peux me comprendre. je le savais. Je l'ai toujours su. Un triste rire s'étrangle dans ma gorge profonde. Si profonde que tu ne l'entends pas. Tu n'as pas l'ouïe d'un chasseur, ni l'âme d'un sage comme tu veux tant le faire croire. J'ai perdu mon pari contre moi-même. Je le regrette. Tant pis. J'aurais tant aimé... Ce que tu ne peux me donner. ce que personne ne pourra jamais me donner.

L'écoute. Tu as voulu me l'offrir, mais tout est bien trop compliqué avec moi n'est-ce pas ? Tu t'es heurtée à un mur que u n'as pu franchir. Tu as choisi de contourner le problème. Marchera, marchera pas ?

Ta réponse n'attend pas. Elle fuse, sûre et directe. Tu parles de ce sujet avec passion. Tu t'es aventurée dans un endroit que tu connais par cœur, un endroit que tu as parcouru de long en large, ce qui n'est pas mon cas. Cependant, les rêves ne me hantent pas. Je vis dans le vrai et pas le fictif. Oui, mes pensées me travaillent pas les songes.

Enfin rarement.

Enfin toujours.

J'y ai souvent réfléchi à cette douleur que personne ne peut soigner. Cette douleur qui n'est pas vraiment là, qui n'est que dans l'esprit. Ici, au Far West, ce qui compte est là, devant toi, et rien d'autre. Si on te tire dans le bras, on comprend ta douleur. Si tu tues un homme, on ne comprend pas ta douleur. Voilà, c'est simple. Avant, avant... Là où j'étais, les étoiles étaient mises en cause. On s'inquiétait pour toi si la sueur régnait la nuit sur ton visage, si tes cris faisaient trembler la chaise du bureau ou si tes membres s'agitaient sans but précis. Ici non. Ici non.

Le rêve n'est pas une chose bien simple. Le rêve est compliqué, tordu. Je te laisse t'abimer dans les débris du songe. Tu te coupes. Tu n'es pas au bon endroit pour parler de cela. Tu t'es attaquée à trop fort pour toi. Ne sombres pas plus, je t'en prie. La douleur psychique ne m'a jamais donné du plaisir à la regarder. Cependant, les dernières paroles de ta tirade sont vraies. Justes vraies. Garde-les précieusement. Réchauffes-les avec calme et attention. Oui, les rêves sont importants. Je ne ferme pas mes yeux. Ils te fixent, te demandent de continuer sur cette bonne lancée. Ne reprends pas tes dires du début. Reste dans le vrai. Reste.

Mais tu t'avances dans les cauchemars. Tu t'avances dans le noir. Je me dois de te répondre, de te faire cesser. Je me dois de t'arrêter. Ne vas pas plus loin, la torture devient trop forte. Je suis un Riffle Bullets qui déteste qu'on le surestime.

"- Je ne reviendrais pas sur tes premières paroles. Je n'en ai pas l'envie... "

Un soupir lancinant m'échappe. Il me serre la poitrine depuis quelques temps. J'ai envie de lui dire adieu, de l'abandonner sur la route. A moins de la frapper jusqu'à ce qu'il ne puisse plus bouger. Le sang dégoulinerait de son visage. Il serait bien misérable alors, cet horrible soupir. Il ne pourrait plus m'empêcher de respirer par grandes bouffées, ni de cracher si le cœur m'en dit. J'aimerais que tout cela se passe vraiment, comme dans tes formes de rêves que tu me décrit. Malheureusement, le soupir de tristesse est imbattable. Je ne pourrais jamais l'abandonner ni le frapper. C'est ainsi, je n'y peux rien alors je vis avec. Je vis avec.


"Tu dis que l'on tente d'oublier ses cauchemars. Tu dis que l'on tente de passer outre. C'est faux. L’Homme hanté de cauchemars ne serait qu'un lâche s'il cherchait à oublier les moments de sa vie. Le cauchemar vient de l'esprit mais avant tout de soi-même. Le cauchemar est lui, le cauchemar est toi. Le cauchemar est ton pire ennemi comme ton meilleur ami. Il te tient chaud les nuits, te gardant éveillé tout pour lui. Le cauchemar est arrogant et imbu de lui-même. Il est fier et déteste qu'on lui fasse ombrage. Mon cauchemar est ainsi. Voici mon information. je ne crois pas aux rêves. Je ne crois qu'aux cauchemars. Le rêve est un cauchemar bien camouflé. Il te donne de la joie pour mieux te l'enlever par la suite. C'est ainsi. Rien ne peut le changer. Malgré cela, tu vis avec en y pensant chaque seconde de ta vie. Toutes les particules de ton corps sont liées dans le seul espoir de le voir disparaître. C'est impossible et même les plus vieux indiens ne peuvent rien y faire."

J'aimerais laisser couler ma douleur comme une larme pour qu'elle s'évapore sous le soleil de plomb, présent ce matin. Il fait si chaud aujourd'hui. Si Brume était encore là, nous serions partis tous les deux galoper sur les falaises. Nous nous serions changés les idées ensemble. Nous aurions oubliés cette douleur lancinante pour ne plus penser qu'au bonheur. Pour ne plus penser qu'à faire un.


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MessageSujet: Re: I'm singing my blues.   Sam 28 Juil - 13:22

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J'entame un long voyage dans tes bruns iris. Je nage entre ces touches de lumières. Teintes si différentes formant un seul et même regard. Gradation désignant un caractère, un sentiment. Comme un livre ouvert, comme un coffret indécelable, maîtriser il peut tromper le plus habile. Je plonge dans ce vide bronze. Je croise bien des idées, bien des suppositions, bien des doutes, bien des envies. Toute une histoire se refermant dans ces pupilles noires. Des secrets conservés dans ce bloc brun, impalpables d'où je suis. Oui, la couleur n'est qu'une bêtise. Cette sombre sphère ne m'est pas ouverte. Je flotte seulement dans cet univers cuivre où le superficiel règne. Chose difficile que de franchir la barrière. Il faut s'armer de patiente, en ai-je seulement ? Aujourd'hui puis-je faire un effort sur-humain ? Tes mots me plonge dans un drôle de désespoir. Je coule, je me noie dans cet pâte colorée. Toucherais-je le sable fin ? Apprivoiserais-je ces petits coquillages présents dans les ténèbres ?

Ta remarque est sifflante, preuve d'un souffle lasse. La discutions atteint des sommets ennuyants. Ai-je eu tord de la commencer ? Me suis-je trop accrochée à tes mots ? Je t'ai surement mal jugé. Mais pourquoi m'en vouloir, l'erreur est humaine. Il faut seulement savoir la rattraper. J'aurais pu, par un élan de bonne foie, mais cette ardeur reste inexistante. Je ne veux plus rien attraper, juste me laisse couler, à attendre qu'un train passe. J'ai assez parlé tu ne crois pas, je t'ai assez entendu. Si aucun mot ne daigne sortir de ta bouche, je m'en irai, dans une quelconque indifférence. Il est trop tôt, je ne veux pas réfléchir. Je voulais juste sentir son souffle, je voulais juste m'amuser avec lui. Un poney est un compagnon fort sympathique, même avec son caractère. Il ne sera jamais aussi perfide qu'un humain. Nous sommes si compliqués. Il est une erreur que de vouloir nous simplifier, de nous enfouir dans une globalité.

La banalité, tu en sors avec beauté. Ton discours relève encore une fois du suicide. Qui es-tu Denshell ? Où est passé ce garçon si surprenant des couloirs ? Pourquoi appelles-tu au désespoir ? Le monde est si beau, je t'en prie ne le gâche pas. J'aimerais pouvoir te souffler ces mots, te supplier, mais mon dos effleure enfin les roches, fines. Mon corps si dépose tout entier. Une douleur s'implante en moi, vive, désagréable. Mes yeux s'ouvrent dans un souffle, comme un cri effroyable. Je reviens à la réalité. Je te vois, toi. Ces iris vides, je n'y rentre plus. Il est trop tôt, bientôt trop tard. Je n'ai jamais su me taire. Je n'ai jamais ressenti d'affliction. J'attends juste le bon moment. Ma main échappe à l'herbe tendre pour venir s'appuyer légèrement sur ta chevelure nuit. Je te fixe ainsi, sans un mot, j'attends. Elle est morte, ma main. Elle glisse le long de ta joue, elle est si frêle, si petite. Dis-moi Den', supportes-tu le contact ? Elle appuie ta pommette, tout entière elle recouvre péniblement ta chair.

- Je t'en prie, tais-toi.

Le monde ne mérite pas pareille offense, les nouveaux-nés pareils ancêtres. Non, tu vaux mieux que ces propos illusoires. Den' t'a-t-on appris à vivre ? Tes parents t'ont-ils délaissé à ce point ? Pour que tu puisses sortir pareilles sottises. Je ferme les paupières, inspire doucement. Elles se relèvent, laissent place à un regard sûr.

- Non Den'. Le cauchemar n'est rien. Il n'est qu'une ombre, une illusion. Il représente ce que nous sommes, nous fait peur. Ce n'est qu'un rêve détourné. Den' le cauchemar n'existe pas. Je t'en prie, Den', ne dis plus ces sottises. Je t'en prie Den', apprend à vivre. Den', goûte au doute, goûte au plaisir humain, souris, pleure. Je t'en prie Den', ne fais qu'oublier.

Dans un mouvement lent, ma main se retire. Accompagnée de la seconde elle soulève mon corps si frêle. Ma tête viens doucement se poser sur ton épaule, mes lèvres viennent effleurées ton cou, mes jambes se remplient pour arrondir mon dos, mes bras se collent à ma poitrine. Mon visage s'est enfouie au creux de ton cou, les yeux fermés. Mon souffle rencontre ta peau, me revient brûlant. Tu supportes une enfant, une enfant qui aime cette position, position dans laquelle elle se sent en sécurité, position où tout se confine dans une bulle de chaleur. Est-ce l'heure, l'endroit, l'herbe, le climat ou tout simplement toi ? Je m'en fiche. Ce ne fut qu'un geste automatique. Je veux juste que tu vives Den', peut m'importe que tu sois un monstre, une muraille sans faille ou un homme perdu. Aujourd'hui je veux t'apprendre à oublier.

- Il n'est pas lâche d'oublier. C'est une force de savoir abandonner, un don naturel, incontrôlable.

Non, si tu nais sans cette vertu, elle n'apparaîtra pas. Ce n'est pas un bien à conquérir.

- Ceci se nomme « l'espoir ».


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Denshell Whipper
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MessageSujet: Re: I'm singing my blues.   Dim 12 Aoû - 18:25

dead

J'aimerais continuer sans m'arrêter. J'aimerais ne pas me retourner, ne pas cesser mes foulées, ne pas perdre haleine. J'aimerais que l'on fasse disparaître ma rate, mon cerveau, mes idées. J'aimerais n'avoir qu'un seul but. J'aimerais que tes paroles n'aient jamais existé, que tu n'ai jamais poussé la barrière de cette clairière. Mais tu l'as fait. Tu l'as fait.

Tes paroles ont ouvert la porte de mes pensées. Pourtant, elle était bien fermée. J'avais posé dessus un cadenas dont j'avais perdu la clé. Un minuscule escalier en marbre perdu dans le noir y menait. Les ténèbres striés d'électricité le cachaient. 

C'était mes ténèbres que j'alimentait. C'était mon escalier que j'avais moi-même taillé. C'était mon cadenas que j'avais façonné de mes mains. Ma clé m'avait pris des jours entiers de fabrication. Et ma porte... Et ma porte...

Tu l'as fait.

Tu as ri des éclairs et de l'orage. Tu as gravi mon escalier de marbre avec facilité. Tu as trouvé ma clé dans une niche introuvable. Tu as ouvert mon cadenas, puis tu l'as jeté négligemment. Et ma porte, tu l'as poussée. 

Je te hais.

Cependant à ce moment, tu as eu plus de difficultés. Ma porte était lourde, ce n'était pas du bois flotté. Tu as posé tes petites mains sur le battant trop grand pour toi. Tu as disposé tes pieds de façon à ce qu'ils puissent t'aider. Tu as contracté tes muscles, utilisé tes heures d'équitation et tu t'es mise à avancer. Tu n'as donc aucune faille jeune demoiselle ? 

Tu l'as fait.

Une fois entrouverte, tu as risqué œil et tu as regardé. Ne connais-tu pas l'histoire de Barbe Bleue et de sa femme qui a risqué son œil alors qu'elle n'en avait aucun droit ? La curiosité est un vilain défaut. Elle ne le savait pas, elle en est morte. Elle n'avait pas été très discrète. En rentrant de son voyage, l'ogre à vu les traces, l'ogre à vu son regard horrifié, l'ogre l'a tué. Tout est enchaînement de choses logiques qui se complètent avec tant de facilités que c'en devient peu croyable. Heureusement pour toi, heureusement pour moi, je ne suis pas Barbe Bleue et tu n'es pas ma femme.

Je te hais.

Mais je n'ai pas envie de te tuer. Je suis peut être un inconscient doublé d'un idiot. Je suis peut être un Rifle Bullet, je ne tue pas sur commande. Vous le pensiez ? C'est faux. 

Je te hais. Tu me fascines. J'ai besoin de savoir une chose pour ne pas oublier notre rencontre. Pour une fois, je garderais dans ma mémoire de piaf ce que je n'ai jamais gardé. Tu me fascines. Toi...

"Jeune demoiselle impertinente, livre moi ton nom. Livre moi ton prénom, ton rang et ton groupe... ... S'il te plaît."

Tu m'as répondu. Je ne peux te tuer. Je dois trouver une solution. Je dois changer de tactique. Là, maintenant à cette heure, tu t'es avancée trop loin et moi, je me sens en danger. Je te sens en danger. 

Ferme tes yeux Denshell et cherche. Ferme la porte Ancolie et laisse moi respirer en paix. Ne bouge plus Denshell et pense. Ne bouge plus Ancolie et laisse moi avancer seul. Regarde autour de toi Denshell et observe. Regarde autour de toi Ancolie et laisse moi sur le bord de la route. Oui, libère moi de ton étreinte et laisse moi m'envoler. Je ne suis pas fait pour être un oiseau en cage que l'on observe selon son envie. Oui, laisse-moi, laisse-moi. 

J'ai trouvé. Tu as trouvé la clé, j'ai trouvé l'idée. Elle m'est apparue, aussi claire que le soleil un jour d'hiver. Elle m'est apparue, agréable à souhait. Elle n'est pas dégradante mon idée. Elle n'est ni méchante, ni gentille. Elle est moi, je suis elle et c'est ainsi. Il ne me reste plus qu'à la mettre à exécution. Alors allons-y, commençons. 

Tu es là, dans mes bras. Je ne te connais pas, mais maintenant, je me rappelle. C'était toi, il y a quelques jours qui riais de moi. Tu ne cessais de rire mais aujourd'hui, tu sembles une autre. Je penses que tu changés en fonction des gens, tu leur murmures ce qu'ils veulent entendre, tu leur montre ce qu'ils veulent voir. Je ne suis pas ainsi, je ne l'ai jamais été. Ce mot que tu me chuchotes, je ne suis pas né avec. Je ne peux l'acquérir n'est-ce pas ? Alors je ne chercherais pas à l'avoir. Moi, je suis né d'un autre mot. Lui non plus ne peut s'apprendre. Il n'apparaît que dans les moments les plus critiques ensemble toujours nous échapper. Beaucoup pensent l'avoir, beaucoup se trompent. Ils se chargent des choses faciles et gagnent. Les spectateurs les observent avec admiration. Pour eux, ce sont des dieux. Pour moi, ce ne sont que des usurpateurs, des apprentis magiciens qui se camouflent derrière un tour bien exécuté. Je ne peux arrêter le dédain qui déforme mes lèvres. Je n'en suis pas fier de ce mot qui m'appartient, pourtant, je ne peux m'empêcher de le chuchoter dans la brise matinale :

" L'espoir t'appartient mais le courage est mien." 

Tes yeux fermés se pressent, ta concentration est vive. Tu es à la recherche de mes mots perdus. 

Je me lève en te posant avec douceur sur le sol. Mes grandes mains entourent tes épaules sans violence. Je les retire. Je suis debout. Je te jette un dernier regard puis me retourne vers mes horizons. Je te laisse seule pour m'envoler vers mes libertés. Mes mouvements s'accélèrent, mon souffle fait de même. Je suis parti pour un marathon, un long marathon a travers le désert qui se débute par la porte de la clairière que je pousse avec précipitation. Notre discours m'a remué Ancolie Edelweiss, chef des White Flat, plus que tu ne le penses. La vitesse me le fera oublier pour quelques heures. En ce moment je rejoins Brume. Oui Brume, je te rejoins. 



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Ancolie Edelweiss
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MessageSujet: Re: I'm singing my blues.   Mer 22 Aoû - 16:29

dead

Le rêve, cette discussion n'a tourné qu'autour. Le rêve, sujet chargé de problèmes. Le rêve, vide à ne pas combler. Le rêve, récit absurde dont on n'entend pas la fin. Le rêve, phénomène trop prétentieux pour oser être compréhensible. Le rêve est certitude. Le rêve est trésor. Le rêve est pensée. Je ne peux l'atteindre seule. Trop faible, trop humaine, trop fataliste. Pourtant, trop curieuse pour renoncer. Ce n'était qu'une question d'utilité. L'humanité n'est qu'une question de profit. Se servir de l'autre pour calmer nos peurs. Est-ce malsain ? Non.

Tu es tombé au bon moment. Moment où, inconsciemment, j'espérais une réponse. Tes prouesses dans le couloir n'avaient fait qu'animer ma flamme. Tu es un homme, où plutôt un garçon, intelligent. Je ne peux te considérer comme un adulte. Bien trop lunatique. Trop ignorant en matière de vie. Je peux le dire : je t'apprécie, ni plus ni moins. J'espérais, encore, pouvoir creuser un peu plus profond. J'espérais, toujours, pouvoir comprendre ton personnage ? Sans prétention, mes pas ont glissé sur tes pensées? Je te connais Den'. Aujourd'hui un peu plus qu'hier.

Instinctivement, je me suis collée contre ta peau chaude. Ce geste, combien de fois l'ai-je répété ? Combien de fois l'a-ton interprété de différentes manières ? Pourtant, celui-ci n'a jamais cessé. Jamais de honte n'en est sorti. Ce matin, il est trop tôt. Trop tôt pour que j'aspire à ta réaction. Mes paupières se ferment. J'attends doucement le moment du réveil. Je somnole rassuré par mon souffle brûlent se perdant sur ta peau.

Une demande insolite. Une demande qui, venant de toi, relève du surnaturel. Une demande qui me flatte. Une question qui ne lève cependant pas mes paupières. Juste mes lèvres s'entrouvrent, délicatement. Elles s'entrouvrent pour ne laisser fuir aucun son. Elles se referment lentement dans un doute. Chose absurde. Je sais qui je suis. Je connais mon rang, mon groupe. Je n'ai aucune honte. Mais, ce silence sur nos identités, je l'aimais. J'ai peur de rencontrer le Denshell, le Riffle Bullet. Je ne veux rien te dire, ceci est beaucoup plus simple. Ta demande peut-être cause de confiance. Juste question de curiosité.

- Ancolie Edelweiss... Chef des White Flats.

Ne l'oublie pas, je t'en prie. Ne change pas, je t'en prie. Reste le garçon de la clairière. Trouve-moi ridicule si cela te chante. Trouve cela ridicule qu'une chef soit aussi proche des hommes. Mes paupières restent closes. Mon souffle reste calme. Je te laisse à tes pensées. Je suis trop essoufflée, mon sommeil n'est pas comblé. Je plonge dans un rêve doux, cotonneux.

C'est une nuit calme. Une nuit fraîche où je me plais à dormir. Un souffle chaud, agréable caresse mes mains froides. Un souffle chaud accompagnant des paroles indistinctes. Mes paupières se froncent. Les mots sont partis, sans laisser de marques. Je suis seule dans cette clairière. Abandonnée à une brise glacée, un gène m'habite. Le gène causé par ces mots volés. Une pression, délicate sur mes épaules. Le mal-être disparaît, il s'envole comme je sens mon corps quitter le sol. Un contact brûlant, j'imagine là l'image d'un père. La verdure se plie sous mon poids. Je ressens de nouveau sa fraîcheur. La chaleur me quitte. L'humanité me laisse perdue, encore. L'éternité s'installe, agréablement longue.

Une caresse humide parcours mon cou. J'ouvre doucement mes paupières. Mes bras sont creusés d'herbe, s'en devient douloureux. Mes yeux tombent sur des arbres ensoleillés dont dansent les feuilles. Plus de visages, plus de regards ténébreux. Je souris. Tu as donc fini par partir. Je m'appuie sur un bras, me redresse doucement. * L'espoir t'appartient, mais le courage est mien *. Den', je n'ai pas rêvée. Merci.

Ma main libre vient attraper le museau impatient. Je regarde l'animal, lui souris tendrement.

- Allons nous en, il est déjà tard.




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I'm singing my blues.

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